Dix positions sur la révolution et l’ identité communiste aujourd’hui

Μετάφραση στα γαλλικά από τη διακήρυξη-βάση συγκρότησης της Κομμουνιστικής Επαναστατικής ΔράσηςΔέκα θέσεις για την επανάσταση – Κομμουνιστική Επαναστατική Δράση

1. Nos références

L’ Action Communiste Révolutionnaire est inspirée par les grandes révolutions, la Révolution française, la Commune Parisienne,  Octobre 1917, Spartacos, la révolution espagnole, le «Décembre Rouge» d’ Athènes, l’après-guerre et toutes les émeutes contre les capitalistes et les bureaucrates dans l’est et l’ouest, ainsi que toute autre lutte, maillon de la chaîne de la lutte du prolétariat mondial pour la libération sociale, la destruction des capitalistes et du système impérialiste, pour le pouvoir ouvrier, le communisme et la société sans classes. Les Jacobins, les clubs des premiers communistes (Babeuf, Blanchi), Marx, Engels et leurs compagnons, les révolutionnaires internationalistes comme le Franz Mehring et Rosa Luxembourg les bolcheviks, la révolution russe, la 3eme Internationale de Lénin et Trotski, Pouliopoulos, l’opposition gauche et la 4ème Internationale et bien d’autres militants et penseurs révolutionnaires, sont pour nous – sans des obsessions – non seuleument des points de référence idéologique mais aussi d’une lutte sans trêve contre le capital et l’état bourgeois.

2. Le chemin révolutionnaire jusqu’au socialisme

L’ Action Communiste Révolutionnaire, sait qu’il n’y a pas d’ autre voie pour une société socialiste, que celle de la révolution socialiste. La perspective socialiste ne peut pas être le produit d’un compromis des prolétaires révolutionnaires avec la bourgeoisie. Ni viendra-t-elle après la chute «inévitable» du capitalisme décadent. La riche expérience historique, ne nous permet pas de croire à une série de réformes qui progressivement nous conduiront à une autre société ni que l’état bourgeois tombera sans réaction dûre et violente. En ce sens, nous sommes pour le chemin révolutionnaire jusqu’au socialisme et pas celui de la «démocratie» parlementaire. C’est pour cela que les forces qui luttent consciemment contre le pouvoir bourgeois et pour la révolution sociale mondiale, doivent être organisées dans des structures qui correspondent à cette cause. Chaque lutte spontanée contre l’exploitation de la classe ouvrière, même la négociation la plus simple de la valeur de la force du travail, ainsi que toutes les luttes contre l’oppression que subissent plusieurs couches sociales (minorités nationales ou religieuses, les immigrés, les femmes, les homosexuels) et les luttes de la jeunesse, méritent un soutien complet et inconditionnel de la minorité révolutionnaire consciente, dans la mesure où cela fonctionne en concurence avec les intérêts objectifs des patrons et des représentants politiques de l’Etat bourgeois et qui ne se dirige pas contre d’autres couches, plus opprimées, de société. Cela ne signifie pas que la minorité est porte-parole révolutionnaire de toute sorte d’ intérêts corporatistes, et, elle ne s’identifie nullement avec le sujet de ces luttes partielles.Cela bien sûr, ne veut pas dire que nous nous opposons aux réformes qui apporteront de meilleures conditions de vie pour les prolétaires ou pour ces parties de la société qui luttent contre toute sorte de répression. Les communistes perçoivent leur participation dans la lutte de classes comme partie de la lutte globale contre le capitalisme. La participation active dans cette lutte, constitue une école de conscience politique et de conscience de classe et en plus, c’ est une épreuve générale avant la confrontation finale. Aucun grand moment et aucune prise du pouvoir ne viendra des gens ou des formations politiques qui vivent isolés, avec la nostalgie d’un passé glorieux et indifférents à la lutte quotidienne. La différence avec la gauche «officielle», qui insiste dogmatiqument à un chemin institutionnel parlementaire, ne consiste pas à la negation departiciper à la lutte à l’interieur du système, mais, du fait que la nouvelle société ne peut pas venir à travers un long procès progressif, mais une révolution, c’est-à-dire de la destruction de la base des relations capitalistes de production, qui n’est pas autre que l’état bourgeois.

3. Révolution permanente contre la théorie des étapes

L’ Action Communiste Révolutionnaire, soutient la théorie de la Révolution Permanente. Il n’est pas possible d’avoir des étapes intermédiaires entre le capitalisme et la révolution socialiste. Nous ne pouvons pas avoir de «changement vetitable», «subversion democratique populaire», «pouvoir populaire» «rurpture anticapitaliste avec la CE» sans renversement du système capitaliste, déstruction des l’appareil de l’état bourgeois et revolution socialiste. Le lendemain de la révolution socialiste, s’établira l’ état ouvrier, la dictature du prolétariat, pour défendre la victoire de la révolution et étouffer toute tentetive contre-révolutionnaire. La révolution socialiste ne peut pas être complète et victorieuse, que si elle a lieu à niveau mondial. Si la révolution se limite dans un seul état – nation, elle ne s’oppose pas seulement à la révolution mondiale mais de plus, elle fonctionne comme frein à la révolution socialiste dans le pays auquel elle a commencé. Avec l’expansion de la révolution dans le monde entier, nous nous mettons dans une phase de stagnation de l’état. L’état qui est nécessaire et indispensable pour toute la phase de transition, est la dictature révolutionnaire du prolétariat.

4. La révolution ne peut pas venir seulement à travers l’intensification des luttes spontanées

Les luttes spontanées ne produisent pas toujours de conscience révolutionnaire ni, à travers leur intensification, elles conduisent à une révolution. La conscience révolutionnaire ne peut pas être transmise au prolétariat à travers une propagande continue mais abstraite sur la décadence du capitalisme et la victoire du socialisme. Il n’y a jamais eu et y aura aucune révolution sans la conscience et la participation des révolutionnaires. La révolution peut être réalisée seulement à la base d’ un plan conscient qui sera réalisé à travers les forces révolutionnaires qui ont une conscience absolue de leur objectif. L’ élément de connection entre les révolutions à partir de 1789 jusqu’aujourd’hui, sont les sujets politiques, les protagonistes de la révolution, ceux qui ont aussi assumé la responsabilité du lendemain. La révolution ne peut pas être complétée sans la révolte pour la subversion du système politique et la prise du pouvoir de la part du prolétariat révolutionnaire. Ceci ne peut pas être accompli sans un plan, qui comprend l’occupation du centre névralgique de l’appareil de l’ Etat, le contrôle des villes, des télécommunications, des routes, des aéroports, des ports et bien sûr de tous les édifices gouvernementaux. Aucune insurrection ne peut pas atteindre la prise du pouvoir sans être à l’avant-garde d’une lutte des classes globale et dure, sans un parti politique révolutionnaire déterminé, conscient de son but, c’est à dire savoir de quoi remplacer l’Etat bourgeois catalysée et quelles seront les mesures immédiates qui seront prises, en représentant desormais l’ordre socialiste.

5. L’ampleur de la lutte de classes

L’ aspiration du marxisme du siècle précédent, était que l’idée de la révolution sociale allait grandir à travers l’expansion du capitalisme et la maturité du prolétariat. Pour nos fondateurs, les pays développés exprimant cette maturation entraient objectifvement en têtê de la lutte pour la transformation sociale. Lénine est arrivé à la théorie du maillon faible et avec la théorie de Trotsky de la révolution permanente de renverser cette hiérarchie.

Une «lutte purement de classe» sans l’intervention de ceux qui n’appartiennent pas à la lutte des classes, n’est rien de plus qu’une fantaisie. C’est la même illusion d’un capitalisme sans des intermédiaires, des bancs, des monopoles et d’état. Un capitalisme de ce type, qui peut-être le rêve de chaque «petit-bourgeois», n’a pas existé ni même dans ses premiers pas. Le capitalisme, n’est pas seulement le patron et l’ouvrier. De même, ce n’est pas seulement la valeur et la plus-value. On peut le traiter de cela, seulement si nous laissons en dehors l’état et tout ce qui entoure et soutient cette «relation de domination». En plus capitalisme c’est l impérialisme de époque de Lénine qui apporte avec lui un différent classement des priorités du mouvement communiste révolutionnaire du 20ème siècle. L’exploitation des nations les plus faibles par les pluw puissants, les rivalités inter-impérialistes, l’existence des Etats ouvriers, ou les Etats qui mettent en cause la distribution géopolitique impérialiste, créent un cadre beaucoup plus complexe que le contraste simplifié patron-ouvrier. Alors, si le capitalisme est toute une formation sociale et un mécanisme qui se reproduit pas seulement en reproduisant l’exploitation du prolétariat,, mais un système social, avec de multiples hiérarchies, de divers modèles de gestion, formant des blocs de poivoir elargis qui correspondent à la phase à laquelle il est, avec un système d’ idées dominantes et une superstructure politique correspondante, la lutte des classes est la lutte totale contre le système dans son ensemble et ce n’est que sous cet angle que la contradiction dominante capital-travail peut être vue. D’ ailleurs, sans cette superstructure (institutions bourgeoises de l’ Etat, les idées dominantes), sans que cette coquille de protection aucune la «relation économique dominante » ne peut se reproduire. Donc, lutte de classe est la lutte dirigée contre le système qui défend et reproduit non seulement l’ exploitation de la main-d’ œuvre, mais aussi toute autre forme d’ exploitation et d’oppression. Les communistes ne doivent pas oublier que l’ analyse marxiste du «capital», sa démystification et sa revélation comme encore un système de classe du vol du travail humain par les propriétaires des moyens de production à travers le vol de la sur-vallue, ne les dispense pas de la lutte plus large et dominante contre l’oppression qui produit une société capitaliste de classe. Donc la lutte contre l’ Etat bourgeois, ses politiques, pas seulement économiques, mais aussi toutes celles qui reproduisent le mythe de la nation, ou du membre «sain» de la nation (le militarisme, le nationalisme, le fascisme, le sexisme, le patriarcat), en édifiant sur eux une alliance d’ interclasse sous l’ hégémonie bourgeoise, est une lutte purement de classe et même d’une forme politique supérieure, beaucoup plus important que la lutte économique pour de meilleurs salaires ou de pensions, que le capitalisme, du moins, dans les pays impérialistes, dans les conditions de la reprise, peut bien offrir (état social, contrat social, etc.)

6. Une révolution sans sujet politique, est condamnée

Dans la lutte politique, les sujets sont ceux qui consciemment et de manière active, y participent. Et il s’agit de lutte de classe, indépendamment de l’ origine sociale de ceux qui y participent. En outre, les classes n’ entrent pas en conflit en tant que telles, mais à travers de multiples médiations et à un niveau plus élevé que celui de la négociation primaire de la valeur de la main d’oeuvre. La lutte pour le pouvoir politique, est la forme la plus haute de la lutte de classe, quelque chose qui ne s’effectue pas par impulsion, mais de manière consciente, par des structures qui sont formées pour réaliser cette cause. De la même façon que l’État bourgeois représente en fin de compte les intérêts de la classe dirigeante, les forces politiques qui sont à l’autre côté, représentent en fin de compte les intérêts de la classe ouvrière. En fin de compte, et pas directement, parce que la classe ouvrière elle-même divisée en intérêts corporatistes, et une compétition entre chaque possesseur du produit qui est la main d’ oeuvre ouvrière, contre les autres, ne crée pas automatiquement les intérêts communs, qu en dépassant toute séparation verticale ou horizontale. La condition est, toutefois, qu’ une grande partie rompe avec l’idéologie dominante et qu’elle soutienne la lutte politique globale contre l’ensemble du système. Les luttes spontanées peuvent aider dans le processus de cette rupture, mais pas la substituer. Ce qui comte pour ceux qui sont pour la révolution, est de trouver et concentrer les forces conscientes qui, indépendamment de leur origine sociale, connaissent parfaitement les objectifs de la révolution. Si les idées révolutionnaires, ont un echo aux autres classes également en dehors de la classe ouvrière, cela signifie que la révolution touche, pas seulement la classe ouvrière, mais aussi d’autres parties de la société. La lutte contre l’exploitation et la répression, n’est pas l’affaire seulememt de ses victimes. Ceux qui ne sont pas directement touchés par l’exploitation et la répression, ont également le droit de réagir et lutter contre une telle réalité. Celui, qui de manière consciente, est aux côtés de la révolution, est le sujet de la révolution, de la même manière que le gardien armé de l’État, appartient, de manière consciente à l’armée de la bourgeoisie. Malheureusement, l’ «être» ne forme pas automatiquement la conscience. Le choix de chacun, ne dépend pas complètement de son origine ou des ses racines, mais de l’attitude qu’il a, face au système d’exploitation et de répression. La lutte des classes n’est qu’une guerre et ceux qui y participent, doivent le faire avec conscience absolue et non par hasard. Les révolutions de l’histoire moderne après la révolution française, ont eu un contexte social qui dépendait du plan que voulaient réaliser ceux qui étaient la force motrice de la révolution. Et c’est pourquoi, ces révolutions, indépendamment de si on sympathise ou non avec elles, ont la marque des combattants du premièr rang, ceux sans lequels, rien ne se passerait. La révolution française, la commune parisienne, la révolution du 1917, la CNT, le EAM en Grèce du ’44, la révolution du Che et Castro à Cuba, les Santinistas du ’79 au Nicaragua, les Zapatistes au Mexique, etc, etc. Révolutions victorieuses, qui ont perdu, qui sont restées inachevées, qui ont vaincu mais ensuite ont connu la dégénération. Qui ont eu plusieurs problèmes, qui ont déçu avec leurs résultats, qui pourraient avoir des résultats totalement différents ou créer d’autres situations et circonstances. L’élément commun de toutes ces révolutions et de nombreuses autres, était le sujet politique et l’instigateur conscient. C’est la condition essentielle de la révolution. Bien que cela, selon quelques uns, puisse détruire l’élément impulsif d’une révolution ou le mythe de la révolution qui a lieu au moment décidé par le déterminisme historique . Les domaines de la lutte de classe évoluent et s élargissent. Hélas, si l’on ne garde la lutte de classe que pour les lieux de travail et on ne voit pas que la lutte des classes est partout et a le même poids . Et la largeur de la lutte des classes c’est le choix du camp bourgeois lorsqu’ ils envoient la police pour faire face à une grève ( pour aider le patron ), jusque à l’ intervention de l’OTAN contre une révolution . Et du résultat de cette bataille, loin des lieux de travail, dépend la continuation de l’exploitation dans ces lieux.

7. Révolution: Pourquoi et par qui?

Le mythe qui se reproduit par presque toute la gauche, est que la révolution a comme acteur un authentique et inchangeable sujet social, que nul ne peut remplacer en sousestimant ainsi le rôle du sujet politique. Pendant des décennies, cette reproduction a identifié les communistes avec les victimes de l’exploitation. En ce sens, dans la lutte pour le socialisme «le sujet authentique» est la classe ouvrière sans intermédiaire. Pour la lutte pour la démocratie, les droits civils ect. C’est donc le peuple ou une «alliance populaire». Toutes ces variations et beaucoup d’autres que la gauche existante a essayé dans le passé sur la base de l’identification erronée de «classe en tant que telle» avec «la classe pour soi-même». La classe ouvrière n’ est pas révolutionnaire par nature, elle fait plutôt l’objet d’exploitation. Seulement lorsque les réprimés ou certains des réprimés, réagissent à travers le parti révolutionnaire contre l’exploitation et la répression, la classe ouvrière devient classe révolutionnaire. La libération des réprimés, présuppose la destruction du système qui reproduit l’exploitation et la répression. Personne ne peut se substituer à personne, lorsque il réagit et lutte contre ce système. Aucune force politique ne représente exclusivement la classe ouvrière dans sa totalité ni un «mouvement social». Tout ce qui est dit sur le «manque de maturité des circonstances subjectives ou objectives», sont seulement pour justifier l’absence ou la négation de l’action révolutionnaire. Le dilemme a pas celui de substitution ou de lutte des classes sans intermédiaire , mais la ligne conciliante ou révolutionnaire dans le mouvement . La classe ouvrière, d’ailleurs, n’agit pas sans intermédiaire, se convertit en classe pour soi -même, sauf seulement par l’adoption d’un projet politique concurrentiel pour l’ensemble de la société bourgeoise . L insatisfaction à l’égard du vol de la sur -vallue, ne suffit pas mais il faut aussi un projet politique alternatif pour une autre organisation de la société. Parce que l’exploitation et l’oppression n’indiquent pas à leurs victimes une alternative. Cette dernière est le produit des processus mentaux et non pas de réflexes de l’estomac aux cellules cérébrales .

8. La crise dans la gauche et l’échappement à un «passé idyllique»

Les expériences dramatiques du «socialisme existant» de l’Europe de l’Est et de l’Asie, le stalinisme, la dégénérescence de la social-démocratie et des partis communistes, la bureaucratie des syndicats et enfin la chute pendant les années ’90, ont conduit des millions de gens dans le monde entier à une déception immense et sans précédent. Les milliers d’immigrés qui provenaient de ces pays, cherchant à l’ouest le «rêve américain», anathématisaient le «système», quelque chose qui était un coup extrêmement dur, pour tous ceux qui avaient foi à la réalisation du socialisme.
La gauche dans le monde entier, s’est réfugiée pendant les années ’90 à son enfance, à une lutte des classes «pure». Nous pouvons vivre de nouveau notre mythe, en écartant le cauchemar du XXe siècle. Mais ainsi, on a jetté le bébé avec l’eau du bain. Parallèlement au 1990, on a également «oublié» 1917 et certains moments, des plus glorieux du mouvement communiste.
Et c’était comme ça que s’est formé une génération, avec le fétichisme de la lutte corporative et pas plus et avec la recherche d’une «pure lutte de la classe». Evitant ainsi les «pièges» d’une stratégie, d’un plan politique, du projet de la transformation révolutionnaire de la société. Chaque tel plan dans toutes ces années, a été soumis `a la suspicion et à la méfiance. Quelque chose qui a affecté de façon très directe toute la gamme de la gauche et les trotskistes également. «Back to basics», est plus ou moins la gauche que nous avons actuellement. Une gauche qui théoriquement est très différente quand il s’agit de ses références historiques, mais en ce qui concerne la pratique politique courante, c’est la même chose. L’ économisme et le «style alternatif», sont ses refuges. La stagnation et le réformisme, en sont le résultat final. Mais 2013, n’a absolument rien à voir avec 1813 et le retour aux racines n’est qu’une farce.
Vivant dans l’environnement local et global de la crise structurelle et profonde du capitalisme, la gauche est impuissante et incapable d’interpréter le contexte actuel et produire une pensée politique au sérieux.
Même ce secteur de la gauche qui encore parle et défend la révolution, reproduit et préconise la perception d’une révolution sans révolte organisée. À sa fantaisie, la révolution n’est qu’une fête des millions de manifestants dans les rues et les places, ayants la certitude que le dixième jour d’une grève générale, le gouvernement serait contraint de quitter le pays. Un mythe que malheureusement torture la gauche radicale depuis 1968 jusqu’aujourd’hui. C’est la reproduction d’un modèle hérité par Mai 1968. Une chose que si a eu certaines possibilités de succès dans ce temps là, aujourd’hui n’ en a absolument aucune.
Le monde en 1968 était complètement différent. Un tiers de la planète se proclamait socialiste, même si le pouvoir était affaire seulement de quelques bureaucrates. Et en plus, une série de mouvements anti bureaucratiques dans ces pays comme c’était le «Printemps de Prague» ou l’illusion d’une «révolution culturelle», donnaient l’impression que rien n’était perdu. Le sentiment, pendant la fin des ’60, était que très prochainement le monde entier serait «rouge». Par contre, quelques années plus tard, Reagan et Thatcher sont apparus, et ensuit nouw avons vu la chute de l’Europe de l’Est la restauration de l’hégémonie américaine après la guerre au Viêt Nam et la domination absolue du néolibéralisme, qui a mis fin au contrat social d’après-guerre. La gauche de la gauche de 1968 a vécu cette frustrante défaite, car elle a été victime de l’obsession de l’invincibilité du mouvement massif, qui, s’il se libère de l’influence de la bureaucratie, pourra acomplir «son destin qui est l’action» et automatiquement ouvrira la porte qui conduira le monde entier vers la liberté. Ce que cette gauche avait oublié, était que, pour la prise du pouvoir il est nécessaire d’avoir un plan concret et spécifique au moment opportun et non seulement quelques milliers de manifestants «fêtant» dans les rues. Et le plus important, qu’une révolution a besoin de ces forces conscientes que emmèneront ce plan jusqu’ au bout. Sans attendre que quelque chose trouvera sa solution si le «mouvement» presse les réformateurs ou que le «peuple» tout seul, serait chargé avec des responsabilités qui ne peut pas supporter.

9. Révolution mondiale et discontinuité -crise- du sujet politique

Aucune reconstruction socialiste ne peut exister sans l’extension de la révolution à l’échelle mondiale, au-delà de toute sorte d’illusion sur le développement national et le socialisme dans un seul pays. Par conséquent, le programme de la révolution socialiste dans un pays ne peut être relié qu’au programme de la révolution socialiste mondiale. Un tel programme pose le nécessité de l’organisation à l’échelle internationale.

La 4e Internationale a été la dernière tentative, après la dégénérescence de la 3e, à organiser les révolutionnaires à l’échelle internationale. Aujourd’hui, 75 années depuis sa création, la 4ème Internationale est dispersée, dans une série de centres internationaux avec des orientations et des projets politiques complètement différents. Le trotskysme fait maintenant partie de la crise de la gauche entière. La cause de la crise n’est pas tant la différence de la tactique de ses fractions que son incapacité de jouer un rôle primordial dans les grands événements révolutionnaires. À une époque où nous avons vécu des révolutions (Yougoslavie, Chine, Cuba, etc) le trotskisme les a suivi de loin. L’effondrement de l’URSS et de ses satellites a été le coup de grâce. L’effondrement du communisne existant a abouti à une crise existentielle de l’identité trotskiste.

Et maintenant, qu’est ce qui reste? Le trotskysme était à l’autre bout du stalinisme. La voix qui appelait à la restauration d’ Octobre. Mais Octobre, est passé à l’autre côté. Maintenant, la réflexion doit se faire sur un large éventail de questions: Pourquoi la classe ouvrière n’a pas défendu l’état des travailleurs ; Pourquoi elle a été indifférente à notre existence, pourquoi elle ne s’est pas tournée vers la 4e Internationale comme la seule puissance communiste conséquente, le moment où le Parti communiste s’est effondré avec l’abaissement du drapeau rouge du Kremlin? Pourquoi maintenant que le stalinisme quitte la scène, les trotskistes n’ont pas rempli le vide? Parce que tout simplement, tel qu’il est aujourd’hui le trotskysme, il est lui aussi une partie de l’impasse de toute la gauche.

Un rôle important dans la formation du trotskysme de l’ après-guerre comme dans l’ensemble de la gauche ont joué les énénements de 68. L’ impuissance du trotskisme à réclamer le rôle de protagoniste, ne l’a pas laissé indemne de la défaite et la frustration aussi grande qui ont suivi tout cela. Mais au lieu de tirer des conclusions exactes, il recourt à l’abri permanent: La classe ouvrière ne peut entrer encore dans ce type d’évènements, dans ce type d’évolutions. Elle est toujours empiegée dans la social-démocratie et les PC. Accrochons nous, nous aussi là et attendons. Jusqu’ à l’ arrivée du «compromis historique», du «changement» (montée du Pasok au pouvoir en1981), «du sale» 1989 (gouvernement de la droite et des partis communistes), de la chute du ’90, toute cette génération s’est senti vaincue. Tout cela, au lieu de forger un trotskisme encore plus fort et uni, l’a conduit à de nombreuses frustrations et divisions. Aujourd’hui, il est pratiquement impossible de parler d’un mouvement trotskiste, si ce n’est que pour des références historiques sur un mouvement, qui en tant que méthodologie et formation, en réalité n’existe pas. Aujourd’hui le trotskisme est l’ombre de lui-même. Les Trotskystes aujourd’hui sont dispersés sur toute l’échelle de gauche. Une confusion d’identité complète qui ne peut pas être remplacée par la référence au progammme de transition de 1938.

La tâche aujourd’hui n’est pas de défendre une identité trotskyste métaphysique sans enjeu politique spécifique qui la differencie au niveau programmatique et politique, une identité dont le nom justifie toutes sortes de tactiques et options. Que tout le monde enfin assume la responsabilité de ses choix. Il n’y a aucune raison de vilipender l’histoire d’un mouvement qui a mené une bataille honnête et fière. Les épigones de Trotsky n’ont pas réussi à construire une stratégie et une politique victorieuse, ce qui ne veut pas dire que le trotskisme est idéologiquement vaincu. Gardons de ce mouvement l’ esprit révolutionnaire, la méthodologie du programme de transition, la défense du bolchevisme, la révolution permanente et surtout Trotsky lui même, qui osa affronter l’orthodoxie marxiste de son temps, qui osa changer les priorités, au risque de violer les étapes «inévitables» du développement social tels que les avaient imaginés les monstres sacrés de la social-démocratie allemande. Celui qui, dans les moments les plus sombres du Thermidor stalinien, risque, jusqu’à la fin, sa vie, pour sauvegarder l’héritage révolutionnaire d’Octobre. Ce qu’il nous faut aujourd’hui pour remmetre la communisme débout. Pour le situer au centre des événements, acteur et animateur de la révolution, pour mettre fin à son rôle ingrat du porteur de conscience qu’ il doit transmettre au soi-disant «responsable» de la libération du monde, désigné par les «lois implacables» du développement historique. Lorsque le mouvement du communisme deviendra un mouvement de conscience pure, c’est alors que commencera une nouvelle ère de révolutions, auxquelles ce sera lui le protagoniste et pas ceux qui couvrent le vide qu’il a laissé en attendant «le sujet social, prédestiné par l’histoire » pour tirer les marrons du feu.

10. Sur l’organisation de la minorité révolutionnaire d’aujourd’hui. Pour une nouvelle identité communiste

L’ Action Communiste Révolutionnaire ne prétend pas avoir l’infaillible du Pape,  elle ne se croit pas, non plus, comme unique héritier de la tradition marxiste. Et cela, car on considère que le communisme est une théorie révolutionnaire ouverte et pas un système de pensée fermé, défini par quelques classiques. Marx, Engels, Lénine et Trotsky ont grandement contribué, mais l’histoire du mouvement communiste n’ a ni commencé avec eux, et elle ne finira non plus avec eux. Une théorie révolutionnaire ne possède pas la vérité absolue. Ce serait malheureux,  si les vivants réfusaient d’ assumer les responsabilités théoriques et pratiques qui sont les leurs. Ce serait malheureux si Trotsky croyait que la théorie avait fini avec le testament de Lénine et Lénine avec la préface de Engels sur la lutte des classes en France. Toute personne qui veut honorer les classiques n’a qu’ à continuer leur travail et il doit les dépaser pour rester utile dans la lutte pour la révolution socialiste, le pouvoir des travailleurs et le communisme. Assumons ses responsabilités et arrêtons de nous cacher derrière les icônes.

Nous comprenons que la confrontation avec l’Etat bourgeois et de ses mécanismes, nécessite des forces serieuses et identifiables, telles, qu’elles puissent faire face à la gravité de la confrontation. Aucune révolution ne gagnera sans forces, qui aient une puissante présence politque et une organisation consciente.

La crise capitaliste, la plus importante depuis 1929, a frappé le centre du capitalisme métropolitain, mettant fin à l’ équilibre politique d’après guerre ainsi qu à ce qui restait du contrat social. L’entrée du capitalisme mondial dans une crise de longue durée, apporte aussi la fin du système politique et de la gauche telle que nous la connaissions jusqu’ aujourd’hui. L’état d’urgence et la présence de fascistes dans la scène centrale remplit le vide laissé par les partis, qui avaient jusqu’ alors la gestion du capitalisme.

Les trois dernières années, en Grèce, il y a eu plus de confrontations que dans toute autre période, au moins pendant les 40 dernières années, peut-être même pendant l’après guerre. Plus de 25 grèves générales et des centaines de milliers de manifestants dans les rues. Pourtant ce mouvement a été vaincu. Pour ceux qui se rendent compte de la gravité de la conjoncture non seulement actuelle, mais d’une période historique plus large et, en particulier, ce qui va suivre, il est impératif d’organiser tout de suite leurs forces.

Nous avons besoin d’ une gauche révolutionnaire, qui soit à la hauteur des circonstances. Une gauche qui puisse construire des événements révolutionnaires et pas seulement s’inspirer par ceux de la période précédente. Une gauche qui ne rejettera pas l’expérience précédente, en fera le bilan notamment de ceux qui sont restés fidèles à l’esprit d’Octobre, de Lénine et de Trotsky, sans intention de rester collée au passé. Une gauche qui va pas se cacher derrière l’histoire, mais prendra le risque d’innover, en rupture avec la routine et le manque de foi en elle-même dont  elle fait preuve la gauche actuelle. Une gauche qui se considèrera comme mouvement et non pas comme conseiller de qui que ce soit n’ayant aucun rapport avec ses objectifs. Cette gauche ne peut pas être construite dans le même bâtiment avec ceux qui montrent un excès de zèle pour la viabilité du secteur financier et la reconstruction de la production du pays, ni avec ceux qui ont acclamé le «non» patriotique de la bourgeoisie chypriote, qui n’a rien à faire avec l’anti -impérialisme et dont la seule attente est de défendre le modèle capitaliste qui pendant de nombreuses années lui a fait gagner des milliards. Et surtout, loin de la gauche qui invite le peuple à «prendre son destin dans ses mains» et se trouve dans l’embaras devant les patriotes en colère qui criaient et demandaient le retour à la Belle Époque perdue de l’an 2000, de la bourse, des prêts au logement et des cartes de crédit sans plafon.

À une époque où, non seulement en termes historiques mais aussi réels, la cojonction nécessaire des problèmes quotidiens, découlant de la crise capitaliste, avec l’ objectif de la subversion révolutionnaire, est dans ordre du jour. Cela ne peut pas être atteint ni par le minimalisme, ni par un ambitieux maximalisme abstrait. La logique de transition, comme méthode et non pas comme transfert des demandes figées dans le temps, est le  programme -outil,  constitué à la base des conditions de la situation objective et pas des humeurs subjectives et de la conscience des masses. C’est pourquoi les revendications transitoires sont des axes de défense, par lesquels la minorité consciente politique devient capable de regrouper des larges masses du prolétariat à ses côtés et de déclancher des luttes révolutionnaires contre le capitalisme.

Nous savons que cette gauche sera construite contre courrant, investissant d’ abord et avant tout dans la construction d’ une nouvelle identité communiste révolutionnaire. Cela ne signifie pas l’abstention des points chauds de la lutte des classes. Tout au contraire,  c’est là exactement que cette gauche sera forgée, donnant la bataille sur la route et, ailleurs si nécessaire, luttant ensenble mais tracant son propre chemin à part, avec son propre drapeau et son propre programme. En tenant compte de l’ état du mouvement ouvrier, de l’équilibre des classes, et de  la situation politique générale au moment donné, elle va tracer en fonction de tout cela, sa politique. Il ne s’agit pas d’une autre organisation qui reproduira les sentiers battus. Il s’agit d’ un concept complètement différent, et d’ un écart important qui doit être couvert.

Athènes, Juin 2013

Μετάφραση: Judith, Eπιμέλεια: Α.Χ.

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2 responses to “Dix positions sur la révolution et l’ identité communiste aujourd’hui

  1. «3. La révolution permanente contre la théorie des étapes
    L’ Action Communiste Révolutionnaire, soutient la théorie de la Révolution Permanente. Il n’est pas possible d’avoir des étapes intermédiaires entre le capitalisme et la révolution socialiste. Nous ne pouvons pas avoir de « changement véritable », de «subversion démocratique populaire», de «pouvoir populaire», de «rupture anticapitaliste avec la CE», sans le renversement du système capitaliste, la destruction de l’appareil de l’état bourgeois et la révolution socialiste. Le lendemain de la révolution socialiste, s’établira l’état ouvrier, la dictature du prolétariat, pour défendre la victoire de la révolution et étouffer toute tentative contre-révolutionnaire. La révolution socialiste ne peut pas être complète et victorieuse, que si elle a lieu à niveau mondial. Si la révolution se limite dans un seul état – nation, elle ne s’oppose pas seulement à la révolution mondiale mais de plus, elle fonctionne comme frein à la révolution socialiste dans le pays auquel elle a commencé. Avec l’expansion de la révolution dans le monde entier, nous nous mettons dans une phase de stagnation de l’état. L’état qui est nécessaire et indispensable pour toute la phase de transition, est la dictature révolutionnaire du prolétariat.»
    Toute révolution permanente est réalisée par son contraire, par des étapes. Opposer les uns aux autres n’a pas de sens. La grande Révolution Française était une révolution permanente? bien sur. Et pourtant ses étapes sont très claires.
    La seule discussion possible est autre: Celle qui oppose la révolution socialiste (des travailleurs, des ouvriers) à la révolution démocratique bourgeoise (dans les pays arriérés à prédominance féodale ou semi féodale. Il n’en existent plus ou presque). Cette polémique a été barrée par le développement du capitalisme.
    La suite n’a pas dialectique non plus et même contraire à l’évidence. L’éclosion de l’URSS a été une grande impulsion pour toutes sorte de révolutions tant prolétariennes comme nationales d’indépendance nationale. Il suffit de se pencher deux secondes sur l’historie du XX siècle.
    Si, en termes généraux, la survivance d’une révolution socialiste est impossible sans son triomphe dans d’autres pays, l’apparition d’une révolution socialiste dans un pays isolé est possible et c’est un point s’appui important pour les prolétaires en lutte (voir l’URSS). L’erreur dogmatique de ne pas comprendre qu’une chose peut se transformer en son contraire, que la révolution «nationale» fait partie intégrante de la révolution mondiale, fait attendre à certains «la révolution mondiale» (qui est un processus prolongée et qui commencera inévitablement dans un pays) dans tous les pays presque à la fois et les paralyse.
    Tout essaie de nier ces réalités butte immédiatement contre la réalité, comme au Nepal, ou comme ceux qui attendent depuis des lustres «la révolution mondiale». Si la réalité d’aujourd’hui ne permet qu’une révolution socialiste (avec toutes les médiations et compromis nécessaires à la neutralisation des classes intermédiaires), la recherche abstraite, illusoire et dogmatique d’une «révolution mondiale»(qui faciliterait tout et qui a l’illusion de penser qu’ainsi il y aura mins de problèmes à résoudre) est le pendant exact et contraire de la dite «théorie des étapes». Les choses sont toujours plus complexes et compliquées. Si d’un côté l’opportunisme de droite a fait beaucoup de tort, le dogmatisme abstrait a rendu la pensée sectaire et impuissante.
    La faillite de la gauche, si on peut parler ainsi, est aussi l’incompréhension de la nature contradictoire, sinueuse de la tactique communiste.
    Comme vous dites, si aujourd’hui les trotskistes ne peuvent pas être définis, tellement des groupes à horizon tellement divers s’en réclament (voir sur la Libye et la Syrie par exemple) le phénomène existe aussi dans toutes les autres courants se réclament du mouvement ouvrier (partis communistes, maoïstes, marxistes-léninistes, réformistes etc.). En fait, nous trouvons devant chaque problème présenté (par la bourgeoisie et l’impérialisme) trois courants bien déclinées et partout. Une droite, un centre et une gauche.

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